Aménagement | Cycles supérieurs

Avant d’arriver à Montréal, Céline Juppeau était déjà diplômée d'une maîtrise en architecture et design de l’École Bleue, en France. Elle a décidé d’ajouter une corde à son arc en intégrant une maîtrise en aménagement, option Montage et gestion de projets d’aménagement à l’UdeM. Son objectif? Lancer sa propre entreprise. Avec Kotmo, c’est chose faite. Interview d’une designer écoresponsable. 

Comment as-tu eu l’idée de lancer ton entreprise, Kotmo?

C’est grâce au festival Bellastock que tout a commencé. Je savais qu’il existait en France depuis 10 ans et qu’il s’exportait bien partout dans le monde, mais qu’il n’existait pas encore en Amérique du Nord. En parallèle à ma maîtrise, j’ai donc cofondé l’association Bellastock Québec et on a lancé ce premier festival d’architecture expérimentale à l’été 2014. En voyant toute l’émotion qu’un événement comme celui-ci générait entre les gens et les sensations que cela me procurait en tant qu’instigatrice du projet, je me suis dit que je voulais vivre ça toute ma vie. C’est à ce moment-là que j’ai voulu lancer Kotmo, deux syllabes qui résument assez bien ma conception du design : « quotidien en mouvement ». C’est aussi grâce à Bellastock que j’ai rencontré mon associée, Cindy Couture.

En tant que chef d’entreprise, quels sont tes objectifs?

Avec Kotmo, ma mission est de développer des objets promotionnels abordables qui changent de l’ordinaire et de conscientiser les entreprises : elles peuvent avoir un impact positif sur la société, l’économie et l’environnement. Les enjeux du développement durable ne peuvent pas être changés par le citoyen lui-même, l’entreprise doit agir là-dedans, c’est elle qui a le soutien financier et les moyens de changer les choses. Mon autre credo, c’est que le design doit être accessible à tous et améliorer le quotidien. J’aimerais retrouver un peu le design tel que le concevait Le Corbusier à son époque, ce qu’il faisait était pour tout le monde! Ces derniers temps, je trouve que le design est devenu élitiste et qu’au final, peu de gens peuvent s’acheter une table à 2 000 $.

Crédit: Daphné Archambault

Comment as-tu fait pour essayer de redonner cette place-là au design avec Kotmo?

J’ai voulu ramener le design dans le quotidien des gens en passant par les objets promotionnels. Si on arrive à faire acheter à une entreprise un objet de designer en grande quantité, on arrive à faire entrer de nouveau le design dans le quotidien des gens. Le tour est joué!

Comment ta formation à l’UdeM t’a-t-elle permis d’obtenir les compétences nécessaires pour monter ton entreprise?

J’avais des cours obligatoires de management et de leadership en plus de cours à options que je suivais à HEC Montréal. Cette complémentarité m’a beaucoup apporté. L’avantage de ma maîtrise, c’est qu’elle m’a permis de mettre les pieds dans les deux mondes : la création et la gestion. C’est grâce à cette expérience que l’idée de Kotmo a germé et que mon goût pour l’entrepreneuriat s’est développé. Grâce à ma formation, j’ai eu accès à un important réseau amical et professionnel, mais également à tout le réseau de l’architecture et du design à Montréal

En quoi Montréal a-t-elle pu t’aider à développer ton entreprise?

Montréal est une petite ville où tout le monde se connaît avec un bel écosystème entrepreneurial, c’est très facile de rencontrer du monde et de bien s’entourer. Quand j’ai voulu lancer mon entreprise alors que je ne connaissais rien au marché du design au Québec, le Bureau du design m’a guidée pas à pas. Je dirais aussi que Montréal est encore en train de s’affirmer, qu’il y a tout encore à créer ici. Si on souhaite qu’elle garde son étoffe de ville intelligente, il faut qu’elle soit une ville de design et de développement durable. Tout est lié.

Quels sont tes projets et tes envies à moyen terme?

Ça fait maintenant deux ans que j’ai incorporé l’entreprise et un an et demi qu’on commence à avoir du chiffre d’affaires. On a développé des produits, on a des clients qui commencent à nous trouver sur Google… Maintenant, j’essaie de monter un modèle d’affaires qui fonctionnerait aussi en France pour desservir une clientèle européenne en ayant un pôle de production sur place étant donné qu’on ne travaille qu’avec des designers locaux. 

Quels conseils donnerais-tu aux personnes qui hésitent à venir à l’université?

Les études universitaires sont essentielles : elles aident à savoir qui on est vraiment, à s’affirmer en tant que personne, à donner une structure mentale ou autre. Étudier n’est jamais du temps perdu, cela apporte une certaine façon de penser et un savoir-être surtout. Foncez. 

Programme d'études

Maîtrise en aménagement

À propos de l'auteur
Daisy Le Corre

Daisy est journaliste et chargée de projet au Service de l'admission et du recrutement. Amoureuse des mots et de la vie des gens, elle a toujours des idées plein la tête! Indiscrétion : elle voue un culte infini à Catulle Mendès, l'auteur qui lui permet d'étudier l'androgynie dans les oeuvres décadentes du 19e siècle. Raison pour laquelle elle poursuit sa recherche en littératures à l’UdeM…

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