À Montréal, le taux de chômage est à son plus bas (7,3 %) depuis plus de 30 ans tandis qu’à Calgary, il a grimpé à 8,6 %. Une aubaine pour les étudiants montréalais en fin de cursus. À noter qu’en 2016, au Québec, le taux de chômage des cycles supérieurs était de 4,9 % (sachant que le niveau du plein emploi se situe à 4 %) et de 6,2 % pour les personnes ayant terminé des études postsecondaires. Au-delà de ces données, quelles sont les réalités humaines? Éléments de réponse.

Avec un diplôme de droit, Caroline Dussault, 27 ans, avocate en droit du travail chez Dunton Rainville

« Je suis avocate depuis quatre ans, après avoir obtenu un baccalauréat en droit et fait l’École du Barreau du Québec. Une fois assermentée, j’ai trouvé un emploi après deux mois de recherche. La bonne réputation de l’UdeM a certainement joué en ma faveur. D’après mon expérience, le salaire varie énormément d’un cabinet à l’autre. En sortant de l’école, la moyenne salariale d’un avocat est beaucoup moins élevée que ce à quoi la population générale s’attend. Dans un petit cabinet, tu peux facilement commencer à 35 000 $ par année et dans un grand, à 75 000 $. Généralement, le salaire d’un jeune avocat augmente énormément dans les premières années de pratique. J’en ai fait l’expérience. Ayant récemment rejoint les rangs d’un grand cabinet, mon salaire a nettement augmenté et j’en suis très satisfaite.

Il est important de savoir qu’il n’est pas rare de trouver un poste d’entrée à 35 000 $ par année dans un petit cabinet. Évidemment, il faut regarder si professionnellement le poste est intéressant et s’il peut servir de tremplin par la suite.

L’avantage des petits cabinets, c’est que les jeunes avocats ont souvent des responsabilités plus importantes que ceux qui exercent en grand cabinet : ils sont appelés à aller plaider ou à gérer des dossiers seuls plus rapidement. Ainsi, il vaut peut-être la peine d’accepter un tel poste pendant un an ou deux pour accéder ensuite à un poste mieux rémunéré une fois qu’on a pris de la valeur sur le marché du travail. »

Avec un diplôme d’informatique, Olivier, responsable de l’extermination des pourriels chez ZEROSPAM

« Après deux baccalauréats à l’UdeM, un en mathématiques et physique, et l’autre en informatique, j’ai obtenu une maîtrise en informatique. Depuis trois ans, je suis responsable de l’extermination des pourriels chez ZEROSPAM et je gagne environ 26 $ l’heure. J’avais mis deux mois à trouver cet emploi en cherchant sérieusement. Avant cela, il m’était arrivé d’avoir des emplois peu rémunérés à temps partiel, à 20 $ l’heure environ. D’après moi, il n’existe pas de “taux horaire convenable”, mais il faut reconnaître que lorsqu’on travaille pour une coopérative en informatique, par exemple, un taux horaire de 17 $ l’heure est acceptable alors qu’il ne l’est pas dans une grande entreprise. Sans parler du fait que les développeurs juniors compétents sont toujours très recherchés, il ne faut pas minimiser sa valeur sur le marché de l’emploi. Montréal est d’ailleurs une très bonne ville pour travailler dans l’informatique, particulièrement dans le domaine de l’apprentissage profond avec le MILA (Institut des algorithmes d’apprentissage de Montréal) dans les parages depuis quelque temps.

Un conseil aux intéressés de la programmation : ayez des petits projets de programmation à côté de votre cursus universitaire. Plus vous connaîtrez de langages, d’environnements de développement et de systèmes de visionnement, plus votre transition vers le travail en entreprise sera facile. »

Avec un diplôme en architecture, Hugo, 24 ans, stagiaire en architecture chez Saia Barbarese Topouzanov architectes

« Je suis stagiaire chez Saia Barbarese Topouzanov architectes depuis deux ans, après avoir obtenu un baccalauréat et une maîtrise en architecture. Je suis rémunéré à hauteur de 20 $ l’heure, c’est légèrement en deçà de mes attentes, mais cela me convient pour le moment. J’ai décroché ce poste grâce à une professeure de l’UdeM pour laquelle j’avais déjà travaillé et qui m’a gentiment recommandé. Si, d’après moi, le premier critère de sélection pour trouver un emploi ne devrait pas être le taux horaire, cela reste un aspect à ne pas négliger pour éviter que notre profession ne tombe dans une surenchère charitable. Néanmoins, la formation universitaire dont nous nous prévalons devrait assurer à un jeune diplômé d’obtenir un salaire minimum de 18 $ l’heure en début de carrière. Pour ce qui est de mon statut, je considère que les stagiaires retirent plus du processus de mentorat instauré dans les firmes d’architecture que les firmes elles-mêmes.

Les nouveaux diplômés qui cherchent actuellement un emploi devraient donc baser leur sélection sur l’attitude d’une agence face à l’apprentissage par le biais des stages, sur leur intérêt face au champ de pratique de la firme visée et sur les activités auxquelles ils auront la possibilité de prendre part.

Il ne faut pas oublier non plus que les diplômes en architecture sont indispensables pour pratiquer la profession d’architecte et qu’ils permettent d’accéder à d’autres emplois dans des domaines connexes, par exemple dans le secteur public où la demande est grande en gestion de projets immobiliers notamment. À Montréal, le taux de placement des nouveaux diplômés en architecture est bon. Comme la plupart des collègues de ma cohorte, j’ai commencé mes stages en entreprise avant la fin de la maîtrise. Montréal est une ville où les débouchés dans le domaine du design et de la gestion de projets foisonnent : il est possible de décrocher des emplois dans des secteurs connexes et d’y trouver son compte. »

À propos de l'auteur
Daisy Le Corre

Daisy est journaliste et chargée de projet au Service de l'admission et du recrutement. Amoureuse des mots et de la vie des gens, elle a toujours des idées plein la tête! Indiscrétion : elle voue un culte infini à Catulle Mendès, l'auteur qui lui permet d'étudier l'androgynie dans les oeuvres décadentes du 19e siècle. Raison pour laquelle elle poursuit sa recherche en littératures à l’UdeM…

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