Mieux étudier en 4 phases

Plonger dans la vie de campus
Par
Voahirana Raharison

 Perspective étudiante

Pour arrêter de découvrir ton cours en même temps que l’examen

Étudier, ce n’est pas seulement une question de motivation ou de discipline. Bien souvent, c’est surtout une question de quand et comment on s’y prend. Quand les notes s’accumulent sans structure, même les meilleures intentions finissent par céder à la procrastination. Voici une façon plus réaliste et plus progressive d’aborder l’étude, pour ne plus tout concentrer à la dernière minute. 

Une situation commune 

J’ouvre mon vieux grimoire que j’ai aussi appelé « notes de cours ». Les surligneurs fluorescents hurlent, tous en chœur, que chaque phrase du PowerPoint est « super importante ». Me voilà, devant mon écran, à me demander : « Par quoi suis-je censée commencer au juste ? ». 

Si cette situation te semble familière – ce moment où fixer tes notes ressemble davantage à un escape game dans Roger-Gaudry qu'à une session d’étude productive – tu n’es pas seul. Cette désorientation marque souvent le début d’un cycle prévisible : évitement, procrastination, puis sprint épuisant à la veille des examens. 

Contexte étudiant 
Une session universitaire, c’est souvent 5 à 6 semaines avant la mi-session, puis encore 5 à 6 semaines jusqu’à l’examen final. Sur papier, cela semble raisonnable. Dans la réalité quotidienne, c’est plutôt : 

  • Semaine 1 : « On va voir comment fonctionne ce cours. » 
  • Semaine 3 : « J’irai voir les lectures plus tard, là j’ai un travail dans un autre cours. » 
  • Semaine 5 : « Attends… la mi-session c’est DÉJÀ la semaine prochaine ? » 

Résultat : l’étude se transforme en course contre la montre à l’approche des examens. Mais, plus on associe l’étude à un exercice peu agréable, plus le cerveau fait ce qu’il fait de mieux: éviter. 

Alors, quoi faire quand on ne sait pas quoi faire ? 

PHASE 1 : Sortir du brouillard 

L’objectif n’est pas de « tout apprendre » d’un coup, mais de planifier ce qui t’attend. Dès les premières semaines, tu peux te fixer des objectifs mensuels, hebdomadaires et quotidiens (que nous élaborons dans les lignes suivantes). Ainsi, quand arrive le moment d’étudier, tu as déjà une tâche précise et cela diminue la friction de départ.

PHASE 2 : Tâches quotidiennes 

Après chaque cours (le jour même ou le lendemain) : 

  • Relire rapidement tes notes, non pas pour « étudier », mais pour vérifier si tu comprends encore ce que tu as écrit. 

  • Mettre une étoile à côté de tout ce que tu ne serais pas capable d’expliquer à quelqu’un d’autre en tes termes. 

  • Pour ce que tu comprends, écrire une phrase de synthèse simple. 

  • Faire les exercices / devoirs s’il y a lieu. 

Ça n’a pas besoin d’être parfait : l’idée, c’est que ton cerveau reconnaisse les concepts la prochaine fois qu’il les croise. Tu n’es pas expert, mais tu n’es plus dans l’inconnu complet.

PHASE 3 : Tâches hebdomadaires 

Les révisions hebdomadaires consistent à comprendre ton objet d’étude. Pas par cœur, mais assez pour que ça t’appartienne un minimum : 

  • Faire une synthèse de tes notes pour chaque cours, avec un temps maximum par cours. 

  • Te documenter sur les points complexes et tenter de les expliquer en une phrase dans tes mots. 

Ici, tu passes du mode « j’ai vu ça quelque part » au mode « je peux l’expliquer à peu près correctement ».  

PHASE 4 : Tâches mensuelles 

Après un mois, tu as accumulé plusieurs morceaux de contenu. Si tu t’arrêtes là, tu risques d’avoir une collection de concepts sans fil conducteur. Cette phase sert à construire ce fil. Tu peux notamment : 

  • Faire des cartes, schémas, tableaux pour dessiner les liens (causes/effets, avant/après, similitudes/différences). Bref, en tirer une logique en : 

  • Regroupant par thèmes plutôt que par semaines : lister les grands blocs du cours (thèmes, chapitres) et replacer chaque notion dedans. 

  • Te demander : « Pourquoi ce sujet vient après celui‑là ? Qu’est‑ce que ça ajoute ou corrige ? ». 

  • Utiliser tes travaux comme des révisions déguisées : en écrivant un travail ou en préparant un exposé, tu revisites les définitions, débats et exemples liés. 

Cette phase-là est souvent sous-estimée, alors qu’elle fait une énorme différence : ce n’est pas juste revoir du contenu, mais comprendre la structure du cours et cela permet de faire des liens entre les concepts. 

Finalement, rendre l’étude agréable 

Reste un point essentiel : si, pour toi, étudier reste une pure corvée, tu auras beau appliquer ces phases, tu vas continuer à repousser le moment de t’y mettre. La question devient : comment rendre ce moment un peu moins hostile ? 

  • Le lieu : Un café, une bibliothèque lumineuse, une table près d’une fenêtre… Un endroit où tu te sens bien change déjà le rapport au travail. Le but est d’avoir un endroit où tu as envie de revenir. 

  • L’objet : Titres clairs, marges aérées, quelques couleurs utiles et avoir des outils agréables à utiliser pour soi (papier, ordinateur, logiciel…). 

En somme, mieux vaut avancer dans ton escape game une énigme à la fois plutôt que de tout forcer la veille de l’examen : chaque petite tâche est un pas de plus vers la porte de ton succès ! 

Voahirana Raharison
#Curiosité #MystèresOrdinaires #SurvivreAvecPanache

Doctorante en relations industrielles à l’UdeM, j’arpente les couloirs des politiques publiques, de l’économie et des contrariétés propres à la vie universitaire. Entre deux graphiques et quelques variables, je prends le pari audacieux de m’attarder à ce que l’on ignore souvent : la beauté tapie dans la routine.

Dans mes articles, attendez-vous à voir la réalité étudiante sous un angle qu’aucun cours n’avait anticipé : gestion du temps, choix existentiels en se brossant les dents, et art délicat de survivre à la productivité imposée. Pas de grandes tirades, mais un regard vif sur ce qui façonne (et parfois titille) notre quotidien. Pour celles et ceux en quête de lucidité, de clins d’œil et de réflexions sans fard, je vous offre des pages où l’ordinaire révèle, à l’occasion, son panache inattendu.