Francosphères | Portrait

Huit minutes et dix secondes. C’est le temps qu’il a fallu à Roeland Heerema, chercheur en neurosciences cognitives à Paris, pour convaincre le jury de Francosphères qu’il avait l’étoffe d’un gagnant. Grâce à sa vidéo — dont chaque minute représente environ trois heures de travail —, il a remporté un voyage de recherche d’une semaine à Montréal. On l’a rencontré à l’issue de son séjour.

« Je voulais montrer de belles images de Paris et mettre de l’animation! », raconte le chercheur qui avoue être encore étonné mais très heureux d’avoir gagné grâce à sa production vidéo. Pourtant, le jeune homme n’en était pas à son premier coup d’essai. « Par le passé, il m’était déjà arrivé de réaliser des projets vidéo, des vlogues, des blogues et des présentations de vulgarisation scientifique, mais toujours en anglais. Ce concours en français était donc un réel défi, j’ai voulu tenter ma chance… », explique modestement le vainqueur, très reconnaissant d’avoir remporté le concours. « Mon vol et mon hébergement ont été pris en charge, c’est un prix très généreux que j’ai reçu. »

Diplômé d’une licence (équivalent du baccalauréat) en psychologie et neurosciences cognitives à Utrecht aux Pays-Bas, Roeland a ensuite suivi un double master à Londres (University College London) et à Paris (École normale supérieure et Université Pierre et Marie Curie). Actuellement assistant de recherche, il entamera sa thèse sous peu. Son credo (si vous n’avez pas encore vu sa vidéo) : « l’impact des émotions sur la prise de décision : approche neuro?computationnelle ».

Montréal, île de la tentation

À Montréal, comme le prévoyait le règlement du concours, il a pu rencontrer d’éminents professeurs de son domaine d’études, à commencer par Paul Cisek, professeur agrégé de neurosciences à l’UdeM. « C’est une sommité dans le domaine! Il a été d’une gentillesse extraordinaire… Tout comme le reste de mes interlocuteurs montréalais. J’ai passé cinq heures aux côtés des étudiants du laboratoire du Pr John Francis Kalaska (NDLR : il était absent lors de la venue de Roeland à Montréal) : tous ont pris le temps d’échanger avec moi, de répondre à mes questions. C’était très enrichissant : cela m’a permis de constater les différences et les similarités d’approches entre l’Amérique du Nord et l’Europe », raconte Roeland qui a également fait une visite du campus dans sa totalité accompagné d’un autre étudiant en neurosciences.

En poste (de doctorant) à Paris, Roeland reconnaît que Montréal est un pôle incontournable pour les neurosciences et aussi une île de la tentation. « Heureusement que je suis déjà inscrit à Paris sinon j’aurais pu craquer facilement pour cette île… J’ai aussi un bon ami qui poursuit actuellement sa thèse à Montréal, c’est tentant tout ça! », a rapporté, en riant, celui qui a prévu de faire un postdoc. Au Canada? L’avenir le lui dira. Mais son cœur pencherait déjà du côté des États-Unis. À suivre…

À propos de l'auteur
Daisy Le Corre

Daisy est journaliste et chargée de projet au Service de l'admission et du recrutement. Amoureuse des mots et de la vie des gens, elle a toujours des idées plein la tête! Indiscrétion : elle voue un culte infini à Catulle Mendès, l'auteur qui lui permet d'étudier l'androgynie dans les oeuvres décadentes du 19e siècle. Raison pour laquelle elle poursuit sa recherche en littératures à l’UdeM…

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