Intelligence artificielle | bourse Schulich Leader

Robin Legault a la tête sur les épaules et une soif d’apprendre à étancher. Le jeune homme de 19 ans, originaire de Coteau-du-Lac en Montérégie, a étudié au cégep de Valleyfield. Il a fait partie de la première cohorte du baccalauréat international en sciences cognitives et vient de décrocher 80 000 $ en devenant lauréat d’une bourse Schulich Leader. Rencontre avec un passionné qui vise déjà le MILA.

Inscrit au baccalauréat en mathématiques et informatique à l’Université de Montréal (UdeM), il avoue avoir aussi un petit faible pour la philosophie. « Je n’élimine pas la possibilité de me retrouver un jour en philo. Mais, à l’heure actuelle, l’informatique est la meilleure façon pour moi de me créer des bases solides sur lesquelles je pourrai travailler en recherche un peu n’importe où par la suite », raconte Robin avant de rappeler que l’informatique et la philosophie sont deux domaines connexes. « L’un est nécessaire à l’autre. Les comités d’éthique vont devenir cruciaux d’ici peu ».

C’est un stage de recherche réalisé l’été dernier à l’UdeM qui l’a aidé à faire son choix de programme. « J’ai passé du temps dans le laboratoire de Frédéric Gosselin, professeur au Département de psychologie, où j’ai appris à coder et à faire de l’interprétation de données. Je n’avais jamais fait ça avant, j’ai adoré! », se souvient le jeune homme qui a été informé de cette possibilité grâce à son conseiller d’orientation. C’est encore ce dernier qui l’a repéré pour la bourse Schulich Leader.

« J’ai pris une soirée pour déposer ma candidature. Comment je me suis démarqué? Mon dossier scolaire, mes expériences à l’international (NDLR : il a fait un échange étudiant de trois mois en Allemagne et un voyage humanitaire au Costa Rica) et mes implications communautaires sûrement. Au cégep, j’avais organisé une course hivernale afin de récolter des fonds pour la Fondation de la psychiatrie de Valleyfield », lance simplement l’étudiant, profondément humain.

Objectif MILA

S’il a choisi de venir étudier à l’UdeM, ce n’est pas un hasard. Tout ce qui tourne autour de l’intelligence artificielle le passionne et l’intrigue, notamment les algorithmes d’apprentissage. « Je veux vraiment faire de la recherche, c’est pour ça que j’ai choisi le programme le plus théorique qui existe. Après mon bac, je voudrais poursuivre en maîtrise d’intelligence artificielle, possiblement au MILA : c’est un labo super reconnu maintenant », raconte Robin qui estime que l’UdeM est « LE » bon endroit pour répondre à ses envies et besoins en matière de recherche. « Et puis il y a des chercheurs de renommée internationale qui y sont déjà, comme Yoshua Bengio : c’est encore plus inspirant. » Parmi les cours qui le stimulent le plus, il retient surtout ceux en recherche opérationnelle et en programmation. « J’ai hâte de me plonger dans l’informatique pure et d’aller plus loin en maths. J’aurai plus de liberté créative après ça. »

« … c’est à l’humain de contrôler la puissance de l’AI »

Avec l’argent obtenu grâce à sa bourse, il prévoit de payer ses études et de quitter son emploi de serveur. « C’était plaisant mais j’ai fait le tour, je veux me consacrer à 100 % à mes études et continuer à pouvoir lire des ouvrages de philo durant mon temps libre », ajoute le fervent admirateur de Nick Bostrom, un philosophe suédois connu pour son approche du principe anthropique et ses recherches relatives aux simulations informatiques. « En deuxième année, je prendrai certainement la philosophie en option. »

Interrogé au sujet des craintes qui entourent parfois le développement rapide de l’AI ces dernières années, Robin a un avis bien tranché sur la question. « C’est légitime d’avoir peur de l’AI car, selon moi, ce qui manque encore beaucoup dans ce domaine, ce sont des philosophes de l’éthique. Je crois qu’on est trop rapides dans le développement technique et technologique, sans trop se poser les questions qui devraient pourtant le précéder. Mais c’est à l’humain de contrôler la puissance de l’AI. »

Le jeune homme se veut aussi rassurant et croit au pouvoir curatif de l’intelligence artificielle. « Si éventuellement, dans 20, 30, 50 ou 100 ans, on crée des intelligences artificielles de niveau humain capables de faire de la recherche dans tous les domaines, ça se pourrait que ce soit l’intelligence artificielle qui découvre des options alternatives aux énergies fossiles. »

Enfin, à celles et ceux qui hésitent encore à venir étudier à l’université, il conseille de ne pas penser seulement aux débouchés pour trouver sa voie. « Il ne faut pas choisir “par sécurité” en misant juste sur le fait d’avoir un emploi dans trois ans, mais par passion. On a la chance d’être au Québec et d’avoir des études de haut calibre très accessibles : il faut en profiter », soutient Robin, selon qui le danger serait de se lancer, tête baissée, dans une vision à court terme. « Il n’y a pas grand-chose à perdre quand on étudie, c’est toujours bénéfique. »


Zoom sur la bourse Schulich Leader

Les bourses d’études Schulich Leader sont réservées aux étudiantes et étudiants qui prévoient de s’inscrire au premier cycle universitaire en sciences, technologie, ingénierie ou mathématiques dans l’une des 20 universités participantes. Une fois sélectionnés par leur école ou leur cégep pour être admissibles à une bourse Schulich Leader, les candidats peuvent soumettre leur candidature auprès des universités canadiennes participantes. 

À propos de l'auteur
Daisy Le Corre

Daisy est journaliste et chargée de projet au Service de l'admission et du recrutement. Amoureuse des mots et de la vie des gens, elle a toujours des idées plein la tête! Indiscrétion : elle voue un culte infini à Catulle Mendès, l'auteur qui lui permet d'étudier l'androgynie dans les oeuvres décadentes du 19e siècle. Raison pour laquelle elle poursuit sa recherche en littératures à l’UdeM…

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