Pour Nancy, tous les chemins mènent à autrui. De la chimie à l’enseignement en passant par l’implication communautaire, celle qui exerce aujourd’hui les fonctions de directrice adjointe du soutien émotif aux écoles primaires St-Guillaume et des Hauts-Bois au sein de la Commission scolaire des Affluents n’a eu de cesse de repousser ses limites afin d’aider les autres à mieux se développer. Portrait d’une femme vouée au service et à l’excellence.

Quel est ton parcours scolaire?

Je voulais déjà devenir enseignante dans ma jeunesse. La bonne élève que j’étais souhaitant que toutes les portes lui soient ouvertes, j’ai opté pour le DEC préuniversitaire en sciences de la nature au Collège Maisonneuve (2002-2004), puis pour le baccalauréat en chimie à l’UdeM (2005-2007), que j’envisageais comme voie d’accès à la pharmacie, qui m’attirait alors davantage. Cependant, après deux belles années et demie, j’ai tout de même suivi mon cœur et passé au baccalauréat en enseignement des sciences et des technologies au secondaire (2007-2010). Les astres s’alignaient sans doute pour moi puisqu’à ma réorientation, j’ai obtenu la bourse d’excellence de la Fondation de la Famille J. W. McConnell visant à encourager et soutenir les femmes en enseignement des mathématiques et des sciences. J’ai commencé à enseigner au terme de cette formation. Désirant poursuivre aux cycles supérieurs, je me suis inscrite à temps partiel au D.E.S.S. en administration de l’éducation (2010-2014) avant de finalement obtenir la maîtrise en éducation, option Administration de l’éducation en 2016. Est-ce trop tôt pour dire que me tente déjà le doctorat en administration de l’éducation?

Vois-tu la chimie, l’enseignement et la direction comme trois « carrières » distinctes ou plutôt comme trois « étapes » d’une même carrière?

De l’extérieur, on dirait bien trois carrières différentes, mais de l’intérieur, il s’agit d’une continuité malgré les détours. Je suis le type de gestionnaire que je suis aujourd’hui grâce à ce cheminement qui m’a construite. Après tout, c’est lors de mon passage en chimie que mon goût de l’implication a éclos, que j’ai appris à structurer rigoureusement ma pensée… et à faire preuve de persévérance, puisque les expériences scientifiques ne fonctionnent pas toujours! Donc, si j’avais à recommencer, je procèderais de la même façon.

Tu auras donc fréquenté plusieurs départements de l’UdeM. Pourquoi avoir choisi cet établissement?

D’emblée, sa réputation m’a attirée, que ce soit pour la science et la recherche ou pour l’aspect théorique, car j’aime comprendre à fond les choses, assimiler la théorie pour mieux la réinvestir ensuite dans la pratique. Par ailleurs, j’ai vraiment apprécié la possibilité de réaliser une partie de mon D.E.S.S. au campus de Lanaudière : ça permet aux gens de la banlieue nord comme moi d’être tout à fait présents en classe, étant donné que le stress du travail et du voyagement nous prive d’une portion de notre énergie.

À ton embauche, tu es devenue l'une des plus jeunes directrices adjointes de ta commission scolaire. Qu’est-ce qui t’a poussée si tôt à viser la direction?

J’ai été amenée à mettre sur pied des activités dès mes premiers emplois. Même en tant qu’enseignante, je m’impliquais déjà dans une foule de projets, siégeais à des comités, organisais des activités pour les élèves de l’école. C’était normal d’être là pour les jeunes et de leur faire vivre des expériences positives et enrichissantes. Au début, je ne réalisais pas que j’étais déjà une gestionnaire; mais je me suis tôt sentie prise entre deux chaises : plus que professeure, moins que directrice… Comme il est lassant de toujours demander la permission, je me suis dit que j’allais devenir moi-même directrice et concrétiser mes idées. Sur ces entrefaites, un concours de personnel de direction a été annoncé à ma commission scolaire, alors j’ai décidé de tenter ma chance… et j’ai été prise, à ma grande surprise!

Quels conseils donnerais-tu à ceux et celles que la direction intéresse?

D’y aller pour les bonnes raisons, donc pas pour les conditions, le salaire ou le pouvoir. Il faut y aller parce qu’on a sincèrement envie d’aider les jeunes et d’être là pour eux. Ce métier s’adresse aux enseignants toujours motivés, engagés et passionnés par leur travail et qui veulent aller plus loin. Ce serait une grave erreur de choisir la direction parce que l’enseignement nous ennuie!

Aimerais-tu un jour revenir à l’enseignement?

Je ne crois pas, car je me réalise encore plus en tant que directrice. Même si j’y pense parfois, même si j’en ai le goût, je sais que ce poste me convient davantage. C’est précisément pour cela que je peux m’accomplir comme directrice : parce que j’ai envie d’être avec les élèves!

Quels sont les principaux défis auxquels tu dois faire face?

Le principal défi à l’heure actuelle en raison des compressions, c’est la créativité, soit en faire plus avec moins. Il faut optimiser à fond nos ressources limitées. Aussi, à l’ère de l’instantané, la gestion du temps et des communications, ce n’est pas de la tarte! Sinon, en ce qui me concerne, je dois lutter contre le « syndrome de l’imposteur » et assumer pleinement mon rôle en dépit de mon peu d’expérience relative à la pédagogie. Autrement, le soutien aux élèves en difficulté, que nous intégrons toujours plus dans les classes régulières, et l’outillage des enseignants, qui doivent connaître et maîtriser les nouvelles ressources accessibles, représentent des défis de taille.

Quelles sont les qualités requises pour bien réussir dans ta profession?

L’organisation est fondamentale : planifier, évaluer, faire des suivis, diriger, etc. Le leadership aussi, qu’il faut par surcroît être capable d’adapter en fonction de l’équipe. Être bon communicateur : savoir partager ses idées, dégager une vision commune et écouter activement. Faire preuve d’agilité dans la gestion du changement et de sensibilité à l’égard des employés et des élèves. De plus, un intérêt pour les sciences de l’éducation est essentiel, car il faut amener dans les écoles les données qu’elles produisent, que ce soit pour la formation continue des enseignants ou pour la pédagogie à proprement parler.

Tu connais désormais l’envers et l’endroit de la médaille. Qu’est-ce que la direction t’a appris sur l’enseignement?

Je dis souvent que tous les enseignants devraient faire le D.E.S.S. Tandis qu’au baccalauréat, tu ne penses qu’à la pédagogie, les études en administration scolaire te permettent de comprendre tes droits, obligations et devoirs, de bien saisir les rôles de chaque acteur du milieu, de connaître les besoins particuliers des élèves et les ressources dont tu disposes, de t’initier à plein d’éléments transférables dans ta pratique. Par conséquent, tu deviens plus rapidement un meilleur enseignant!

Tu participes également à une foule d’activités à l’extérieur du cadre scolaire. D’où te vient cette passion de l’implication?

Difficile à dire, car c’est intrinsèque. J’ai été choyée par la vie et je veux simplement faire une différence dans celle des gens en les aidant. C’est pourquoi, en plus de l’école, je m’implique bénévolement depuis plusieurs années auprès d’Opération Nez rouge et de la Coopérative jeunesse de services de Mascouche, entre autres projets qui correspondent à mes valeurs. Mine de rien, tous m’ont beaucoup aidée à développer certaines aptitudes et compétences que je suis appelée à utiliser au quotidien.

À propos de l'auteur
Simon Frappier

Simon étudie au baccalauréat spécialisé en traduction après s’être adonné à la création littéraire et la littérature comparée. Mû par son appétit sans borne pour les humanités, cet omnivore culturel s’alimente principalement de lettres, de musique et de cinéma. Il aspire à exercer sa plume dans toutes les circonstances et tâte ainsi du journalisme pour la première fois!

Fou de littérature
Apprenti traducteur
Troubadour amateur

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