Une quarantaine d’étudiants de l’Université de Montréal ont choisi de passer une journée entière à l'école primaire Simon P. Ottawa de la communauté atikamekw de Manawan (dans Lanaudière, au Québec). Objectif ? Transmettre leur passion aux élèves âgés entre 4 et 12 ans dans le cadre de la Mini-École de la Santé organisée par le Groupe d'intérêt en santé autochtone de l'UdeM – GISA. Retour sur un concept né en 2011 sous l’impulsion du Dr Vollant.

En se rendant à Manawan, à 5h au nord de Montréal environ (quand la route n’est pas trop glacée), les étudiants de l’UdeM ont transmis leurs connaissances en même temps qu’ils en ont appris davantage sur la culture autochtone en échangeant avec leurs hôtes, petits et grands. Par leur présence, ils ont également permis de lutter contre le décrochage scolaire.

Durant toute la journée, ils en ont profité pour (re)donner à la communauté autochtone, comme s’ils avaient toujours fait cela avec une aisance déconcertante et une empathie qui ne se décrit pas. On en viendrait même à penser que certains étudiants en santé feraient aussi de très bons profs, et pourquoi pas.

Pourtant on connaît l'emploi du temps des étudiants en santé : plus que bien rempli (sans parler de ceux qui révisaient leurs fiches de lecture dans l’autobus sur le chemin du retour). Mais rien ne les aurait empêchés de participer à cette journée spéciale qui ne rentre ni dans le cadre d’un stage ni d’un devoir à rendre. Du bénévolat pur et simple, du don de soi. « Pourquoi je ne le ferais pas surtout ? Ça fait du bien à tout le monde », nous a simplement répondu une étudiante en pharmacie quand on lui a demandé ce qui l’avait motivée à venir et qui espère que l’initiative fera de plus en plus d’adeptes. 

Répartis par kiosques en fonction de leur domaine d'études  : médecine, ergothérapie, psychologie, médecine dentaire, pharmacie, orthophonie, sciences infirmières, travail social, santé publique et bibliothéconomie, les étudiants de l’UdeM accompagnés du Dr Drouin, porteur du projet, ont rapidement pris leurs marques dans le gymnase de l’école consacré à la Mini-École ce jour-là.

Si, au début de la journée, les enfants ont d’abord cherché Dr Stanley Vollant partout en vain — réel exemple à suivre pour nombre d’entre eux — , ils ont vite été happés par la disponibilité et la motivation des UdeMiens présents. Dans les classes, certain.es ont pu prodiguer quelques notions de base sur la nutrition ou le transit intestinal. Ils n’ont pas hésité une seconde à improviser des mises en scène en incluant les enfants dans le scénario, l’idéal pour marquer les esprits et leur donner envie d’apprendre.

Car c’est de cela qu’il s’agit : leur donner le goût de cultiver un savoir qui leur sera propre pour leur permettre d’aller au-delà du secondaire et du Cégep mais surtout au bout d’eux-mêmes.

Comme l’a indiqué le directeur de l’école primaire, Guy Niquay, au groupe de l’UdeM à l’issue de la journée après un concert de chants traditionnels en guise de remerciements : « Merci d’être venus, vous avez permis à mes élèves de rêver. C’est le plus important ». Il a raison ce directeur d’école dévoué : il fallait voir les yeux briller des ces enfants — affublés d’une blouse de médecin prêtée pour l’occasion — quand ils découvraient, étonnés, où étaient réellement situés les poumons, comment se formaient les caries dentaires ou encore quels gestes pratiquer pour relancer un cœur qui ne bat plus, etc. Sans parler de cette chaise roulante sur laquelle ils se sont empressés de jeter leur dévolu. Une fois dessus ? Ils étaient invités à slalomer un parcours spécialement dédié.

Une belle métaphore de la journée, car c’est aussi ça une Mini-École, se mettre à la place de l’autre, voir ce que ça fait et lui (re)donner de l’espoir.

Il faut le vivre pour comprendre, pour admettre qu’on a besoin de ces rapports interculturels pour inverser les tendances. Mikwetc[1]


[1] Merci en atikamekw

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À propos de l'auteur
Daisy Le Corre

Daisy est journaliste et chargée de projet au Service de l'admission et du recrutement. Amoureuse des mots et de la vie des gens, elle a toujours des idées plein la tête! Indiscrétion : elle voue un culte infini à Catulle Mendès, l'auteur qui lui permet d'étudier l'androgynie dans les oeuvres décadentes du 19e siècle. Raison pour laquelle elle poursuit sa recherche en littératures à l’UdeM…

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