Originaire de la Rive-Sud de Montréal, Martin Sauvageau, 37 ans, est directeur de l'unité de recherche en génomique fonctionnelle et ARN non codants à l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM) et professeur-chercheur adjoint au département de biochimie et médecine moléculaire de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

Il a fait son baccalauréat en microbiologie et immunologie à l’Université de Montréal et sa maîtrise à l’Institut de recherches en immunologie et cancérologie (IRIC), avec un passage direct au doctorat. C’est à McGill qu’il a choisi de poursuivre son doctorat en médecine expérimentale et à l’Université Harvard qu’il a fait son postdoctorat.

« Dès le début de mes études, j’ai été passionné par la façon dont les cellules fonctionnent. J'ai été chanceux d'avoir d'excellents mentors durant ma formation. C'est au doctorat, en travaillant aux côtés de Guy Sauvageau à l’IRIC (NDLR : aucun lien de parenté entre les deux), que j'ai su que je voulais un jour avoir mon laboratoire et développer mon propre programme de recherche !  », raconte Martin Sauvageau, qui, après son doctorat, a soumis sa candidature pour un stage postdoctoral à des universités américaines prestigieuses.

« J'ai finalement décidé d'aller à l’Université Harvard, car là-bas, j'avais la possibilité d'orienter mes recherches vers les longs ARN non codants, un domaine encore sous-exploré. Ces ARN, qui se comptent par dizaines de milliers, sont souvent surnommés “la matière noire du génome”». Pendant son postdoctorat, il a ainsi étudié certains de ces gènes dont l’absence génère des maladies telles que la dysplasie alvéolo-capillaire, un trouble du développement pulmonaire rare et fatal qui se caractérise par une détresse respiratoire chez le nouveau-né.

Maintenant qu’il dirige son propre laboratoire sous l’axe de recherche en cancer et maladies génétiques, quel est le but de ses recherches ? « Je veux identifier quels ARN non codants vont contribuer ou non au développement de certaines maladies et comprendre comment ils fonctionnent », lance le chercheur. En effet, bien qu’il y ait plusieurs mutations de gènes qui se trouvent dans les 2 % du génome transcrits en protéines, il y en a encore davantage dans les 98 % restants. « Il faut donc commencer à les étudier pour voir leur impact, d’autant plus que certaines de ces mutations se trouvent dans les ARN non codants. »

S’il a décidé de revenir au Canada après son postdoc, c’est d’abord pour l’IRCM, qui favorise une approche multidisciplinaire, et ses installations à la fine pointe de la technologie. « Ici, je connais bien la communauté de chercheurs et je sais aussi que l’expertise en recherche fondamentale est de grande qualité ! Souvent, les instituts font soit de la recherche fondamentale, soit de la recherche clinique, mais rarement les deux. Or, à l’IRCM, les deux sont possibles », raconte Martin Sauvageau, qui considère son retour au Canada avec enthousiasme ; il a même décliné une offre d’un institut de recherches cliniques de Londres.

À celles et ceux qui hésitent à faire des études universitaires, il a plusieurs conseils à donner. « N’ayez pas peur d’essayer des choses, vous êtes jeunes, c’est le temps ! Si un sujet vous passionne, foncez. Essayez de trouver un superviseur qui va vous pousser à aller plus loin. Si vous hésitez à travailler dans un laboratoire, et bien, c’est un travail d’équipe. Et l’expérience acquise dans le laboratoire vous sera utile dans toutes les sphères de votre vie », lance le chercheur qui affirme que, si les résultats scolaires peuvent contribuer à obtenir un premier stage au baccalauréat, pour certains, c’est une fois rendu dans le laboratoire que le véritable déclic se fait.

À propos de l'auteur
Daisy Le Corre

Daisy est journaliste et chargée de projet au Service de l'admission et du recrutement. Amoureuse des mots et de la vie des gens, elle a toujours des idées plein la tête! Indiscrétion : elle voue un culte infini à Catulle Mendès, l'auteur qui lui permet d'étudier l'androgynie dans les oeuvres décadentes du 19e siècle. Raison pour laquelle elle poursuit sa recherche en littératures à l’UdeM…

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