Parti d’une petite ville du Brésil, Rogério Bilheiro a serpenté des chemins chaque fois plus longs, faisant face à des défis inattendus ouvrant des portes improbables. Récit d’un pharmacien qui prescrit l’espoir. 

Programme d'études

Qualification en pharmacie

Serendipity. Le terme anglais a été inventé par l’écrivain britannique Horace Walpole en 1754 et s’est vite immiscé dans notre conversation. « C’est quand les choses arrivent au bon moment, par coïncidence, en étant justement ce dont on a besoin », explique Rogério pour justifier le mot qui définit son parcours.

Rogério vient de Miraí, ville de 14 000 habitants située dans l’État du Minas Gerais, au sud-est du Brésil. À 16 ans, il déménage 80 km plus loin. Un peu plus tard, il débarque encore plus loin, à Belo Horizonte, la capitale de l’État, où il commence son baccalauréat en pharmacie à l’Université fédérale du Minas Gerais (UFMG). Diplôme en main, Rogério s’installe en 2003 à Divinópolis, où il devient enseignant en pharmacie et sciences infirmières. C’est là qu’il rencontre l’infirmière Juliana, la mère d’Arthur, leur enfant né en 2013.

Afin de poursuivre ses études et de perfectionner ses habiletés en enseignement, Rogério décide de faire une maîtrise en physiologie et pharmacologie à l’UFMG. Entre-temps, un projet plus ambitieux prend forme : immigrer au Canada. « Le plus loin que j’étais allé, c’était à Bahia! », plaisante-t-il, en faisant référence à l’État voisin du Minas Gerais. 

Toutefois, la première tentative échoue. Le couple accuse le coup, mais décide de faire un nouvel essai en choisissant Juliana comme requérante principale. La deuxième réponse est positive et plus rapide que prévu.

« Après l’acceptation, j’ai tout fait pour abréger ma maîtrise au Brésil. Il me fallait finir la rédaction de mon mémoire, mais j’ai tout de suite fait ma demande d’admission au doctorat en pharmacologie ici à l’UdeM. À ma grande surprise, j’ai été admis! » Rogério a reçu une admission conditionnelle, c’est-à-dire qu’il aurait quelques mois pour finir sa maîtrise avant de passer au 3e cycle.

Une fois à Montréal, Rogério entame le doctorat et se voit octroyer une bourse CRCHUM. Là, une mauvaise nouvelle arrive : en octobre 2012, son père tombe subitement malade et s’éteint. Le couple décide alors de retourner au Brésil. 

Mais le retour au quotidien brésilien est difficile. « Après l’expérience de vivre au Canada, je n’étais plus la même personne. Au Brésil, je sentais que quelque chose avait été brisé en moi. » Finalement, le couple redéménage à Montréal en avril 2014. Pendant la période passée au pays d’origine, Rogério a gardé le poste d’ambassadeur de l’UdeM, un travail dont il est fier, reconnaissant, et qu’il considère comme le pivot d’un grand développement personnel et professionnel. Le doctorat n’a pas été poursuivi, mais les rebondissements ont permis à Rogério de s’orienter vers son principal but professionnel : travailler auprès des gens. 

Il explique que le pharmacien au Canada bénéficie de beaucoup d’autonomie. « Nous devons connaître très bien les dossiers des patients. On fait l’analyse du cholestérol, des risques cardiaques… parce qu’ici nous avons le droit d’ajuster les médicaments, nous sommes en constant contact avec le médecin. »

L’actuel parcours du Brésilien passe par la qualification en pharmacie, un programme de 16 mois (64 crédits répartis sur quatre trimestres) destiné à des pharmaciens étrangers qui sont déjà des résidents permanents au Canada. « C’est dense, exigeant. Il y a beaucoup de contenu que je n’avais jamais vu », dit-il. Les cours abordent plusieurs sujets, qui vont de la législation qui encadre la pratique pharmaceutique au Québec aux connaissances des soins pharmaceutiques liés à la neurologie, à la cardiologie et à la rhumatologie, entre autres spécialités médicales.  

Le programme est contingenté : la capacité d’accueil est limitée à 30 places par année; les cours débutent toujours à la session d’automne. Il convient de souligner aussi que les candidats doivent obtenir un pointage d’au moins 785 sur 990 au test de français international (TFI) afin d’attester leur connaissance de la langue française. 

Outre les cours théoriques et pratiques, le programme prévoit également trois périodes de stages, réparties sur 17 semaines, équivalant à 680 heures. Après ces étapes, Rogério sera automatiquement inscrit à l’Ordre des pharmaciens du Québec et il pourra alors exercer pleinement sa profession. Il sera officiellement prêt pour aider les autres. 

Informez-vous sur d’autres programmes de qualification et d’actualisation offerts par l’Université de Montréal :

Audiologie

Criminologie

Droit

Enseignement

Ergothérapie

Nutrition

Orthophonie

Physiothérapie

Urbanisme

À propos de l'auteur
Daniel Pereira Milazzo

Daniel est journaliste et étudiant au doctorat en littérature comparée à l’Université de Montréal, où il se penche sur le rapport de l'humain à l'éternité. Éclectique, il aime autant Tintin que Spinoza, autant le football que la musique classique. Passionné des langues, il parle portugais, anglais, français et espagnol, comprend un peu d’italien et est en train d’apprendre l’allemand…

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