« Sans oui, c’est non !». Aussi efficace que son slogan, la campagne lancée en 2014 par l’UdeM, le Bureau d'intervention en matière de harcèlement (BIMH) ainsi que la FAÉCUM, aide à prévenir les violences à caractère sexuel auprès des communautés postsecondaires. À l’occasion du 8 mars, journée mondiale des droits des femmes, nous avons discuté avec Marie D. Gauthier et Coralie Labelle, toutes deux diplômées de l’UdeM et coordinatrices des activités de la campagne dont Koriass et Véronique Grenier sont aussi les porte-paroles.

Qu’en est-il de l’évolution des violences à caractère sexuel (incluant le harcèlement et l’agression sexuelle) en milieu universitaire québécois depuis ces dix dernières années ? Personne ne le sait.

« Il a fallu attendre décembre 2016 pour connaître les résultats de la première étude consacrée à ce sujet. Rien n’avait jamais été fait avant », explique Coralie Labelle. Pas étonnant donc que la notion de « consentement », cheval de bataille de la campagne Sans oui, c’est non!, n’aille pas toujours de soi auprès d’un public encore peu averti. « Le consentement est une notion nouvelle pour plusieurs. À l’école primaire et secondaire, on ne reçoit plus obligatoirement de cours sur l’éducation sexuelle », continue Coralie qui note une évolution de la parole depuis quelques temps. « Aujourd’hui, il y a une diminution du silence, maintenant on dénonce certains actes et on ose dire que ce n’est pas normal. » 

C’est dans cette optique que les partenaires de la campagne organisent des semaines de sensibilisation, mais aussi des 5@7 sur le consentement, des conférences, des pièces de théâtre et divers ateliers de sensibilisation.

Si le but premier fixé par la campagne consiste en un déploiement d'outils et d'activités de sensibilisation en proposant des repères et des ressources pour les victimes, elle n’a pas une visée d’aide ou d’intervention. « Nous sommes d’abord un intermédiaire. Nous sommes là pour outiller les victimes afin de faciliter les choses en cas d’agression et les référer aux bonnes ressources », précise Marie avant d’ajouter qu’un gros travail est aussi réalisé pour rendre actifs les témoins dits « passifs ». « On essaie de créer un effet d’entrainement. Plus on en parle, plus il y a des dévoilements, plus  les gens s’informent sur le sujet. Il y a un an l’expression "culture du viol" n’aurait jamais été utilisée sur TVA ou Radio Canada par exemple. Maintenant on en parle parce que des discussions et des réflexions ont eu lieu à travers des missions comme les nôtres, entre autres », ajoute Coralie pour qui « faire de la prévention, c’est éviter les agressions. C’est aussi dire "on prend ça au sérieux" ».

La journée du 8 mars ? « J’aimerais ça qu’on n’en n’ait pas des journées des femmes. Le jour où il n’y en aura plus, on aura atteint nos objectifs. Mais on n’en n’est pas encore là alors le travail continue », confie Marie. Quant à Coralie, elle estime que profiter du 8 mars pour parler des violences faites aux femmes c'est :

« rappeler que ces réalités existent et qu’il faut lutter contre. C’est aussi dire qu’on est là, qu’on est présent et qu’on peut compter sur nous pour que ça change. »

D’après les deux coordinatrices, la résolution de la problématique du consentement (parfaitement expliquée dans cette vidéo) se fait en partenariat avec les principaux acteurs du milieu universitaire, comme les employés, les associations étudiantes mais aussi les syndicats, etc. En mars 2016, 16 établissements universitaires et 19 associations étudiantes s’unissaient pour lancer la campagne au niveau provincial. Presque un an plus tard, 17 établissements collégiaux et 18 associations étudiantes se sont joint au mouvement pour porter la campagne, rejoignant ainsi plus de 225 000 étudiant.es et plus de 55 000 employés. L’union fait la force.

D’ici quelques semaines, des capsules vidéos seront aussi mises en lignes par l’équipe de Sans oui, c’est non ! et un projet de prévention dans les bars est en préparation. « Comment une victime d’harcèlement dans un bar peut-elle sortir du lieu en sécurité? C’est là-dessus que nous travaillons à l’aide d’un concept de shot que les victimes pourront commander en cas d’agression. »  

À propos de l'auteur
Daisy Le Corre

Daisy est journaliste et chargée de projet au Service de l'admission et du recrutement. Amoureuse des mots et de la vie des gens, elle a toujours des idées plein la tête! Indiscrétion : elle voue un culte infini à Catulle Mendès, l'auteur qui lui permet d'étudier l'androgynie dans les oeuvres décadentes du 19e siècle. Raison pour laquelle elle poursuit sa recherche en littératures à l’UdeM…

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