Si la difficulté particulière d’exprimer l’amour est la matière-première des poètes, devant ce couple brésilien les limites du langage n’ont plus de sens. Il existe entre Guilherme et Mariana une profonde complicité : ils personnifient le dévouement, l’engagement et, bien sûr, ce sentiment qu’on comprend si bien quand on n’a pas à l’expliquer, l’amour.

Février est le mois des amoureux, celui de Saint-Valentin, patron des tourtereaux. Même si chaque jour est une occasion de célébrer l’amour, un petit cœur encercle le 14 dans le calendrier. C’est presque à la même date, un 16 février, que l’histoire de Guilherme Manhães et Mariana Quintaes a commencé. Des amis en commun, un carnaval sur une plage près de Rio de Janeiro, des papillons dans le ventre et les voilà ensemble depuis treize ans déjà. « Très vite on était déjà chum et blonde », se souvient Mariana, la responsable du clin d’œil déclencheur.    

Devant l’autel de la petite chapelle de Nossa Senhora da Conceição, à Niterói, ils se sont dit oui en 2012. Les nouveaux mariés sont arrivés à l’endroit où la fête les attendait emballés par une voix montréalaise très singulière. « Nous sommes entrés emballés sur l’air de Comme des enfants, de Cœur de Pirate, qui est devenue notre chanson », disent-ils. 

En avril 2014, déjà munis de leur résidence permanente, ils ont atterri à Montréal pour entamer une nouvelle étape dans leur vie. Au Brésil, les deux avaient une carrière professionnelle. Lui avait fini ses études en droit à l’Université Estácio de Sá, et il pratiquait comme avocat en droit civil. Elle, diplômée en nutrition à l’Université Fédérale de l’État de Rio de Janeiro (UniRio), a fait une spécialisation en thérapie nutritionnelle, domaine dans lequel elle travaillait depuis 2010.

« À ma première journée ici j’étais triste, un peu déprimé, parce que je n’avais rien, même pas le NAS, ni l’assurance maladie, ni le permis de conduire… Je n’avais pas d’emploi, je n’avais rien ! Mais le lendemain, je suis allé me procurer des documents et dans la même semaine j’ai fait ma demande d’admission à l’UdeM », explique Guilherme, capable d’en rire maintenant avec le recul. 

Lorsqu’ils ont décidé d’immigrer, ils savaient que pour travailler dans leurs domaines au Canada, il leur fallait une équivalence de diplômes, c’est-à-dire revenir sur les bancs de l’université. Ils voulaient absolument étudier en français et ils ont choisi l’UdeM pour passer cette étape dont l’importance s’étend au-delà de l’aspect académique. 

« L’UdeM a été très importante pour moi parce qu’elle a représenté mon premier lien institutionnel au Québec », dit-il. En avril 2016, Guilherme a complété les 45 crédits nécessaires pour obtenir l’équivalence et, par conséquent, le certificat en droit. En mai 2017, dans sa première tentative, il a été approuvé au Barreau. Actuellement, est stagiaire en droit dans un bureau d’avocats à Montréal et reluque l’idée de faire la maîtrise en droit privé comparé.

Après deux ans d’études à l’UdeM, Mariana a fini les 18 crédits ainsi que les quatre stages requis pour obtenir la validation de son diplôme en nutrition. Elle a ensuite intégré l’Ordre professionnel des diététistes du Québec et décroché ainsi la permission de recommencer à travailler dans son domaine. 

« Les bananes sont les même ici et au Brésil », rigole Mariana, « donc la nutrition ne change pas. Mais je trouve l’équivalence importante et j’appuie à 100% les stages parce que les manières de travailler et les protocoles sont différents ici. En plus, j’ai eu l’occasion de rencontrer des gens qui se sont dits prêts à m’écrire des lettres de recommandation et qui m’ont dit avoir aimé ma performance, donc tout ça a été très important pour moi ». Mariana travaille aujourd’hui comme diététiste clinicienne auprès des personnes âgées. 

Le dévouement de Guilherme et Mariana porte fruit. Début février, Mariana a été embauchée dans une clinique dont la plupart des patients sont des Montréalais d’origine brésilienne. Et après avoir postulé pour une offre d’emploi trouvée sur le site du CÉSAR, elle a été sélectionnée par un organisme communautaire afin d’œuvrer à l’éducation nutritionnelle des enfants.

La motivation qui pousse chacun à poursuivre leurs objectifs professionnels nourrit leur rêve en commun. « Entrer à l’université et obtenir les équivalences de diplôme sont des pas de plus, mais c’est une étape franchie vers notre plus grand objectif qui est celui de fonder une famille et de rester ici à long terme », souligne Mariana. Le couple a maintenant une immense source additionnelle de motivation : Mariana est enceinte !

Plans, contretemps, buts, rebondissements. Personne n’a dit que le chemin serait facile, et ils le savaient. Mais unis par cet immense sentiment plus grand que la raison, Mariana et Guilherme partagent la routine en s'entraidant et en s'encourageant. « Nous sommes tous les deux dans la même situation, il y a des jours où nous sommes moins motivés, d’autres plus, mais chez nous on arrive à équilibrer tout ça ensemble. »

Et on se prend la main, comme des enfants
Le bonheur aux lèvres, un peu naïvement
Et on marche ensemble, d'un pas décidé
Alors que nos têtes nous crient de tout arrêter.

C’était écrit dans leur chanson. 

À propos de l'auteur
Daniel Pereira Milazzo

Daniel est journaliste et étudiant au doctorat en littérature comparée à l’Université de Montréal, où il se penche sur le rapport de l'humain à l'éternité. Éclectique, il aime autant Tintin que Spinoza, autant le football que la musique classique. Passionné des langues, il parle portugais, anglais, français et espagnol, comprend un peu d’italien et est en train d’apprendre l’allemand…

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