Le parcours de Megan Lee, 28 ans, originaire de Mont-Saint-Hilaire au Québec, en fera rêver plus d’un. Après avoir obtenu un baccalauréat en droit à l’Université de Montréal, en passant par l’École du Barreau de Montréal, et avoir complété un diplôme d’études du droit de l’Union européenne à l’Université Jean-Moulin III, elle est devenue recherchiste juridique à la Commission de réforme du droit de l'Angleterre et du pays de Galles, et est maintenant directrice des affaires parlementaires au Sénat du Canada à Ottawa. Rencontre.

Pourquoi avais-tu choisi de faire tes études à l’Université de Montréal?

Étant bilingue, c’était très important pour moi d’avoir l’opportunité de perfectionner mon français après mes deux années passées au Collège Dawson. J’ai aussi choisi le programme de droit en raison de son excellente réputation parmi les établissements universitaires canadiens. Le programme est doté d’un corps professoral de très haut calibre : la majorité des auteurs juridiques que j’étudiais au cégep avaient un poste à l’Université de Montréal! J’étais aussi excitée d’étudier à Montréal, une métropole qui allait m’offrir une vie étudiante dynamique riche d’art et de culture.

Quels sont tes souvenirs de ta vie étudiante à Montréal?

Dès ma première année, je me suis inscrite comme membre du comité Amnistie internationale de la Faculté de droit. Je suis devenue trésorière et ensuite présidente du comité. C’est une expérience qui m’a beaucoup servie et qui me sert encore aujourd’hui! À l’Université de Montréal, j’ai eu l’occasion d’organiser des campagnes demandant la libération d’Aung San Suu Kyi qui est à la tête de la Ligue nationale pour la démocratie en Birmanie (LND). Après sa libération en 2010 et le succès de son parti aux scrutins de 2015, j’ai eu l’honneur d’accueillir les membres d’une délégation birmane à Londres, il y a quelques mois. C’est ainsi que j’ai pu échanger avec eux et parler de mon expérience à l’Université de Montréal. Ils étaient absolument ravis d’apprendre que les étudiants de l’UdeM s’étaient impliqués dans la cause.

Quels professeurs de l’UdeM ont marqué ton esprit?

Les cours de Danielle Pinard et de Jean Leclair m’ont énormément inspiré. C’était pour moi un réel plaisir d’assister à leurs cours, j’avais toujours hâte d’y être! C’est grâce à leur enthousiasme et leurs encouragements que j’ai développé une passion pour le droit constitutionnel et le droit public en général.

Quand tu étais à l’UdeM, qu’envisageais-tu de faire comme carrière?

Question difficile… Je voulais devenir avocate, oui. Mais, plus important encore, je voulais m’outiller pour effectuer un changement sociétal positif. Je ne savais pas où mon chemin allait me mener, mais je savais que je voulais m’investir pleinement dans quelque chose qui allait améliorer l’état de mes concitoyens. C’est très utopique comme perspective, mais c’est ce qui a motivé ma carrière et c’est ce qui continue de me motiver au quotidien.

Quelles sont tes expériences professionnelles majeures jusqu’à présent? De quoi es-tu fière?

Je suis extrêmement fière de ma contribution à la légalisation du mariage entre personnes de même sexe en Irlande. Après ma maîtrise en 2013 à l’Université de Dublin, j’ai remporté les élections de l’Association des étudiants et étudiantes de deuxième cycle. En tant que présidente de l’Association, j’ai utilisé mon statut de membre du conseil d’administration de l’université pour demander au conseil d’appuyer le « oui » publiquement et de se joindre à la mission de l’organisme Yes Equality. Tout cela a mené à l’organisation d’un débat public tenu au cœur de la capitale irlandaise entre politiciens, membres de l’Église et citoyens. J’en ai aussi profité pour rédiger des textes juridiques sur l’effet de la restriction du mariage de même sexe en Irlande afin de promouvoir le changement.

C’est en grande partie ma formation juridique canadienne qui m’a servie pendant cette année mémorable. Ce sont les connaissances que j’ai acquises pendant mon baccalauréat qui m’ont sécurisée lors de débats très chargés. Le 23 mai 2015, après plusieurs nuits sans sommeil et d'innombrables échanges acrimonieux, nous avons réussi à faire passer le référendum sur le mariage entre personnes de même sexe en Irlande. Quelques instants après l’annonce formelle des résultats (62,5 % pour le « oui »), on m’a demandé de hisser le premier drapeau arc-en-ciel, sur les lieux de l’Université (fondée en 1592), situé au-dessus du centre-ville de Dublin. Ce fut pour moi — une Québécoise n’ayant pas le droit de vote en Irlande — un moment incomparable.

Megan Lee devant un bureau

Pourquoi et comment t’es-tu retrouvée à Londres en tant que recherchiste juridique?

Après mon mandat de présidente à Dublin, je souhaitais me retrouver dans un milieu de travail juridique qui avait à cœur l’amélioration de la vie publique. La Commission de réforme du droit de l’Angleterre et du pays de Galles a pour but l’amélioration du droit britannique. En 2015, j’ai obtenu un poste au sein de l’équipe de droit public. J'ai travaillé principalement sur la réforme du droit électoral anglais. Puisque j’ai un baccalauréat en droit civil, mes connaissances « civilistes » ont souvent été sollicitées, j'étais souvent consultée en matière de codification dans le contexte de la common law.

En quoi consistait ton travail au quotidien?

Au quotidien, je contribuais à la conception de recommandations visant la rationalisation du droit électoral britannique. Je participais aux réunions avec le ministre responsable de la réforme constitutionnelle, le département du Cabinet Office (bureau du premier ministre), la Commission électorale du Royaume-Uni et les autres parties prenantes. Je produisais des instructions pour le bureau des légistes du gouvernement britannique afin de développer un projet de loi qui reflète les recommandations de notre équipe. Dans le cadre de mon travail, j’ai eu l’occasion d’être observatrice officielle au référendum sur le Brexit (retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne).

Conseillerais-tu aux étudiants de faire leurs études (ou une partie) à l’UdeM pour envisager une carrière à l’international après leurs études? Pourquoi?

C’est en grande partie grâce à mes connaissances bijuridiques que j’ai obtenu un poste à Londres! Le fait d’avoir étudié le système de droit civil québécois dans un pays inspiré du modèle de Westminster est un atout unique qui a certainement joué en ma faveur face aux autres candidats. C’est cette capacité de comprendre, d’analyser et de commenter les principes civilistes et ceux de la common law qui attire les employeurs européens. Évidemment, je recommande à tout le monde de faire ses études à l’Université de Montréal. Pour moi, c’est là que tout a commencé!

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À propos de l'auteur
Daisy Le Corre

Daisy est journaliste et chargée de projet au Service de l'admission et du recrutement. Amoureuse des mots et de la vie des gens, elle a toujours des idées plein la tête! Indiscrétion : elle voue un culte infini à Catulle Mendès, l'auteur qui lui permet d'étudier l'androgynie dans les oeuvres décadentes du 19e siècle. Raison pour laquelle elle poursuit sa recherche en littératures à l’UdeM…

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