Informatique | 1er cycle
Entrevue avec David Poellhuber

« Fighting for email peace of mind and privacy in a world of noise. » (« Engagé à purifier le courriel dans un monde de menaces et de bruit »). Telle est la devise de David Poellhuber sur Twitter. Diplômé d’un baccalauréat en informatique à l’UdeM en 1983, il est aujourd’hui l’heureux dirigeant de ZEROSPAM. Visionnaire, ce chef d’entreprise a construit son premier ordinateur à 16 ans et vu sa première page web en… 1994. Retour sur un parcours audacieux. 

Programme d'études

Baccalauréat en informatique

Pourquoi avez-vous décidé de suivre des études en informatique à l’Université de Montréal et quels sont vos souvenirs marquants?

J’ai tout fait par passion. À 16 ans, j’ai construit et soudé mon premier ordinateur! À l’époque, dans les années 1980, l’informatique n’existait pas, c’était une science mystérieuse qui était en train de se mettre en place sous nos yeux. Je me suis donc inscrit au baccalauréat en informatique à l’UdeM pour étudier les aspects fondamentaux, l’algorithmique et le cœur de la science. Le programme me convenait parfaitement, j’ai l’impression qu’on avait une utilisation plus mathématique de l’informatique à l’époque. Mon bac a été un moment marquant de ma vingtaine, j’ai travaillé fort pour l’obtenir. Je garde un souvenir impérissable de mon passage à l’université, mes meilleurs amis sont encore et toujours des camarades de l’UdeM. Quand tu passes des nuits blanches en équipe à déboguer des systèmes complexes, ça marque!

Utilisez-vous encore certaines compétences acquises à l’UdeM?

Mon bac m’a permis de développer un esprit analytique et m’a apporté une rigueur face à la résolution de problèmes, j’utilise encore le fameux « DPR »: diviser pour régner. Cela m’aide à simplifier les choses, à couper les problèmes en petits morceaux pour les résoudre plus facilement. Le fait d’être factuel m’a servi aussi; l’informatique est une science exacte, je n’ai pas beaucoup de tolérance vis-à-vis de l’approximation.

Comment est née votre entreprise ZEROSPAM?

En 1996, dans mon sous-sol, j’avais un accès Internet personnel qui me servait aussi à héberger les pages web de clients pour qui je travaillais en tant que consultant autonome. Un jour, j’ai commencé à recevoir des courriels étranges d’Allemagne, d’Australie, de France, etc. J’ai réalisé que mon serveur avait été compromis pour être utilisé comme plateforme de pourriels. Je me suis donc renseigné au point de m’intéresser à la mécanique du pourriel et de mettre en place des systèmes pour le contrer. Au début, c’était aussi difficile que de bloquer une rivière! Mon intérêt s’est de plus en plus développé d’autant que j’exécrais déjà l’invasion de la vie privée. Dans les années 2000, le pourriel était devenu endémique et il n’existait pas encore de solutions antipourriel. J’ai donc mis en place des outils plus sophistiqués et j’ai lancé ZEROSPAM en 2003 en m’entourant d’une équipe ultracompétente.

L'équipe de ZEROSPAM réunie
Crédit: Université de Montréal

Quels sont tes projets à moyen terme?

Pour ce qui est de ZEROSPAM, mon principal défi est lié à la croissance internationale et à l’exportation aux États-Unis, en Amérique latine et outre-Atlantique. On a un vrai défi de commercialisation à relever! D’une manière générale, j’aimerais aussi participer à certains changements majeurs au sein de la société. La place et le rôle des femmes dans le domaine des nouvelles technologies est un dossier qui me tient particulièrement à cœur. Ce n’est pas normal qu’elles soient si peu présentes alors qu’il y a de la place pour elles! J’aimerais réussir à casser certaines idées reçues sur le milieu et les inciter à se lancer. Ce n’est ni ennuyeux ni impossible de développer une application ou de lancer son entreprise quand on est une femme. Il suffit de croire en soi! C’est la même chose avec les jeunes qui hésitent à aller au bout de leurs études : j’encourage régulièrement mes stagiaires à obtenir leur maîtrise pour qu’ils s’accomplissent et je leur promets qu’ils auront le temps de penser à payer leurs dettes plus tard. Il y a quelques systèmes de pensée à restructurer et tout ira bien.

Quels conseils donneriez-vous aux futurs entrepreneurs montréalais?

Foncez! Appuyez sur l’accélérateur et prenez des risques! Aujourd’hui plus que jamais, il y a des financements à aller chercher. Montréal est une ville qui offre beaucoup de soutien aux entrepreneurs qui veulent se lancer, il faut en profiter. Au début, j’étais gêné de dire que j’avais lancé une start-up et que je travaillais de chez moi… Maintenant, c’est valorisé et reconnu.

Yoshua Bengio en conférence et un robot de l'intelligence artificielle
Crédit: Contact MTL

Je suis fier d’avoir réussi à construire une entreprise qui fait vivre une quinzaine de personnes, qui les traite bien et qui les aide à se réaliser. J’ai l’impression d’avoir contribué à quelque chose, d’avoir fait de l’utile et d’avoir rendu service. C’est un peu le même sentiment que j’ai eu lorsqu’en 2012, au printemps érable, ma première réaction a été de faire un chèque à l’UdeM. Tous ces événements étaient liés au sous-financement de l’université. J’ai toujours cru en mon alma mater et j’y croirai toujours, je fais de mon mieux pour la soutenir. J’ai monté une entreprise mais je n’oublie pas d’où je viens. C’est aussi pour ça que je garde un pied à l’UdeM en collaborant en machine learning (apprentissage machine) avec Yoshua Bengio par exemple.

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À propos de l'auteur
Daisy Le Corre

Daisy est journaliste et chargée de projet au Service de l'admission et du recrutement. Amoureuse des mots et de la vie des gens, elle a toujours des idées plein la tête! Indiscrétion : elle voue un culte infini à Catulle Mendès, l'auteur qui lui permet d'étudier l'androgynie dans les oeuvres décadentes du 19e siècle. Raison pour laquelle elle poursuit sa recherche en littératures à l’UdeM…

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