France | Admission post-bac

Originaire de Paris, Alice Hekimyan, 18 ans, fait partie de ces dizaines de milliers de bacheliers français restés sans affectation à la rentrée 2017 après s’être inscrits sur la plateforme d’admission post-bac (APB), remplacée aujourd’hui par Parcoursup. Depuis janvier 2018, elle a rejoint les rangs de l’Université de Montréal après avoir été admise au baccalauréat en économie et politique. Retour sur un parcours audacieux.

« Avant d’arriver à Montréal, j’étais en terminale S dans un lycée privé parisien exigeant où la notation était assez sévère », raconte Alice, qui a obtenu son bac haut la main avec 14,88 de moyenne générale et la mention bien.

« Sur la plateforme APB, j’avais orienté mes vœux vers des prépas très sélectives, à savoir les prépas B/L lettres et sciences sociales. Je savais que j’avais peu de chances d’être prise donc j’avais veillé à mettre d’autres choix, comme une licence en économie et une double licence maths/histoire à la Sorbonne, entre autres », raconte l’étudiante, qui avait également choisi des formations en accès libre à « pastille verte ». « Avec les pastilles vertes, normalement, mon inscription était garantie puisqu’il s’agissait de formations sans places limitées et situées dans mon académie. »

Dès le premier tour d’APB, alors qu’elle est en pleine révision pour son baccalauréat français, Alice apprend qu’elle n’est affectée nulle part. « Même les formations liées aux pastilles vertes ne m’étaient pas ouvertes! Cela m’a complètement démotivée : je ne savais même plus pourquoi je devais passer mon bac », se souvient la jeune fille dont les parents étaient aussi stressés qu’elle.

En plein été et sans perspective pour la rentrée, Alice décide de ne pas rester en France et envisage de partir faire de l’humanitaire. « Je me suis dit que j’allais partir six mois pour aider des gens! De préférence dans un pays anglophone pour perfectionner mon anglais. » Mais c’est finalement un autre voyage qui l’attend : une de ses amies lui apprend que l’Université de Montréal a lancé un appel à tous les étudiants français « rescapés » d’APB… « Je me suis renseignée, j’ai découvert qu’il y avait énormément de possibilités avec des cours à la carte, une aubaine pour moi qui adore étudier plusieurs matières en même temps! C’était inespéré et magnifique de découvrir tout cela à ce moment-là. »

Fin septembre, avec deux de ses amis qui étudient aussi à l’UdeM actuellement, elle dépose sa demande d’admission à l’UdeM. « Une semaine et demie après, j’ai reçu ma lettre d’acceptation! J’étais hyper rassurée. Ensuite, j’ai rempli les formalités d’immigration. Tout s’est bien passé, je suis arrivée à Montréal le 29 décembre », raconte Alice qui, au début, ne savait pas trop ce qui lui arrivait.

« Je ne savais pas ce que je faisais là! Je n’y croyais pas, j’avais l’impression d’être dans un rêve. J’étais un peu perdue au début, j’ai eu du mal à quitter ma famille. Le choc a été important pour moi : à Paris, j’habitais chez mes parents et quand je suis arrivée à Montréal, il a fallu que je me débrouille pour trouver un appartement, etc. Au final, cela m’a responsabilisée et m’a fait du bien », confie l’étudiante de l’UdeM, ravie de découvrir une autre culture et des habitants « très avenants, très serviables et très gentils ».

Si elle prévoit de rester au moins trois ans à Montréal, le temps d’obtenir son baccalauréat canadien (équivalent de la licence), elle envisage éventuellement d’y poursuivre aussi sa maîtrise. « Je me sens vraiment chez moi à Paris, c’est vrai. Mais pour l’instant, je suis bien ici, même si c’est très récent. D’un côté, je me dis parfois que mon propre pays m’a fermé toutes les portes au nez alors je ne vois pas pourquoi j’y retournerais, mais cela reste mon pays, ma culture, mes racines. L’avenir me dira quoi faire », confie Alice qui a aussi de la famille à Laval, la ville voisine de Montréal.

Ses conseils aux futurs étudiants et étudiantes? « Il ne faut pas se décourager même si on a tendance à se faire casser. Il faut croire en ses aptitudes et en ses capacités mais aussi en soi. Tracez votre propre route, tout est possible. »

Vous êtes français et souhaitez entreprendre des études à Montréal? Quelques astuces:

Comment s’y prendre pour étudier à Montréal?

À l’UdeM, les admissions se font sur étude de dossier. Ce sont les diplômes, les filières et les résultats scolaires qui sont analysés. Certains programmes d’études exigent des dossiers scolaires plus forts que d’autres. Dans tous les cas, cela vaut la peine d’essayer! Vous pourriez être surpris d’être admis dans votre premier choix et, si ça ne fonctionne pas, il existe évidemment des plans B.

Les formalités d’entrée au Québec

Comme le Canada ne fait pas (encore!) partie de l’espace Schengen, diverses formalités d’entrée sont à prévoir, principalement la demande de certificat d’acceptation du Québec (CAQ) et de permis d’études. Pour ce faire, il vous faut absolument obtenir votre admission à l’UdeM : aucune démarche n’est possible avant de l’avoir obtenue! Pour prévenir les ennuis, il est important de commencer les démarches tôt et surtout d’envoyer tous les documents nécessaires d’un coup afin d’éviter les aller-retour par courrier. D’ailleurs, toute l’information concernant ces démarches vous sera fournie dès votre admission. De plus, l’UdeM possède un bureau des étudiants internationaux. Ce service est mis en place, notamment, pour aider les étudiants dans ces démarches.

L’entente France-Québec

Si les études au Québec intéressent particulièrement les Français, c’est que ceux-ci bénéficient d’un traitement privilégié. En vertu d’un accord signé entre la France et le Québec en 1978, ils profitent de frais de scolarité à tarifs préférentiels, deux à trois fois moins élevés que ceux des autres étudiants étrangers. En master ou en doctorat, les étudiants français bénéficient du régime de droit de scolarité applicable aux étudiants québécois (environ 800 € par trimestre).

Pour en savoir plus sur les études à l’Université de Montréal :

Étudier à Montréal après un bac L, ES ou S : quels programmes choisir?

Lexique québécois à destination des futurs étudiants de l’Université de Montréal

Montréal : 5 choses à savoir sur la meilleure ville étudiante au monde

 

 

À propos de l'auteur
Daisy Le Corre

Daisy est journaliste et chargée de projet au Service de l'admission et du recrutement. Amoureuse des mots et de la vie des gens, elle a toujours des idées plein la tête! Indiscrétion : elle voue un culte infini à Catulle Mendès, l'auteur qui lui permet d'étudier l'androgynie dans les oeuvres décadentes du 19e siècle. Raison pour laquelle elle poursuit sa recherche en littératures à l’UdeM…

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