| 1er cycle
Courtoisie de Julie Robillard

Diplômée en techniques de l’informatique du Cégep Lionel-Groulx, Julie Robillard s’est ensuite orientée vers un baccalauréat en communication et politique puis vers une maîtrise en science politique. À 34 ans, elle est aujourd’hui directrice adjointe de la Coalition des familles LGBT, un organisme qui milite pour la reconnaissance légale et sociale des familles avec parents LGBT. C’est aux côtés de Mona Greenbaum, cofondatrice et directrice générale de la Coalition, qu’elle a pris ses fonctions. Rencontre avec une militante qui a fait de la lutte contre la discrimination son premier cheval de bataille.

En quoi la formation universitaire que tu as suivie est-elle liée à ton emploi actuel?

Au cours de ma maîtrise en science politique à l’Université de Montréal, j’ai beaucoup travaillé sur les questions de genre. Mon mémoire de recherche portait sur les relations de pouvoir entre les danseurs nus et leur clientèle féminine ou masculine! Pascale Dufour, spécialisée en sociologie et mouvements sociaux, a bien voulu encadrer ma recherche et a été d’une aide incroyable. J’ai aussi eu la chance d’avoir comme professeur Francis Dupuis-Déri, fier d’être proféministe. Grâce à lui, j’ai étudié des auteurs encore trop peu connus, comme Kropotkine ou Olympe de Gouges notamment. Je me souviens que je sortais des cours en brandissant mon poing, j’étais enflammée! (rires) Tout me paraissait évident quand il parlait, ça venait me chercher. Ma formation à l’UdeM m’a réellement permis d’acquérir une culture féministe que j’utilise quotidiennement.

À la fin de ta maîtrise, dans quel milieu souhaitais-tu travailler?

J’ai toujours voulu travailler dans le milieu communautaire, j’aime être sur le terrain, être dans l’action et que les choses bougent! Avant d’arriver à la Coalition, j’ai travaillé plusieurs années dans ce milieu auprès de la population adolescente de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce. J’étais chargée du projet « Hypersexualisation », ce qui m’a permis d’aborder différents thèmes, comme les stéréotypes de genre, l’image corporelle et le consentement, par le biais d’ateliers que je créais pour les jeunes. À la Coalition aussi, j’anime des formations pour les professionnels qui travaillent avec les jeunes et les familles, par exemple sur les notions clés liées à la diversité sexuelle (homophobie, hétéronormativité, identité de genre, etc.), mais aussi sur les stratégies à mettre en place pour soutenir les jeunes (révélation de l’identité sexuelle (coming out), découverte d’un parent gai, non-conformité aux stéréotypes de genres, etc.). Le côté animation me plaît beaucoup!

Courtoisie de Julie Robillard

Comment as-tu connu la Coalition des familles LGBT?

Je suis bénévole au Groupe de recherche et d’intervention sociale de Montréal (GRIS) depuis 4 ans et demi. L’année passée, Mona est justement venue pour nous former au sujet des familles homoparentales et de certains termes plus appropriés que d’autres à utiliser, etc. J’ai voulu en savoir plus sur la Coalition et ses objectifs : ça a tout de suite stimulé ma fibre militante! Quand j’ai vu l’offre de poste, j’ai aimé l’idée de pouvoir prendre position et d’avancer au sein d’un organisme comme celui-ci, sachant que pour moi, vivre une discrimination, ça n’a aucun sens. En travaillant ici, mon but est justement de défaire ces violences que sont les discriminations sous leurs formes les plus variées.

Est-ce que tu te sens libre d’être qui tu veux à Montréal?

Je ne veux jamais quitter Montréal, c’est sûr. Il y a une liberté de mouvement, une liberté de pouvoir être qui tu veux, c’est vrai. Je peux tenir ma blonde par la main plus facilement qu’ailleurs, même s’il y a certains endroits où je ne le ferai pas; ça ne s’explique pas, ça se ressent. Je ne l’embrasserai pas non plus dans n’importe quelle épicerie. Finalement, je crois qu’ils ont tort ceux qui, sous couvert de leur statut privilégié, nient parfois la réalité de celles et ceux qui n’ont pas leur chance. À l’heure actuelle, tout n’est pas plus simple et les discriminations envers la communauté LGBT existent encore. En tant que directrice adjointe de la Coalition, je suis bien placée pour le savoir.

À propos de l'auteur
Daisy Le Corre

Daisy est journaliste et chargée de projet au Service de l'admission et du recrutement. Amoureuse des mots et de la vie des gens, elle a toujours des idées plein la tête! Indiscrétion : elle voue un culte infini à Catulle Mendès, l'auteur qui lui permet d'étudier l'androgynie dans les oeuvres décadentes du 19e siècle. Raison pour laquelle elle poursuit sa recherche en littératures à l’UdeM…

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