Informatique | Cycles supérieurs
Photo d'Adriana Romero au MILA
Crédit : Université de Montréal

Avant d’arriver à Montréal en 2015 pour y suivre son postdoc à l’Institut des algorithmes d’apprentissage de Montréal (MILA) sous la direction de Yoshua Bengio, Adriana a suivi toutes ses études universitaires à Barcelone. Portrait d’une passionnée d’intelligence artificielle, sans artifice.

« Est-ce qu’il t’est déjà arrivé de t’intéresser à quelque chose, de l’apprécier de plus en plus et de finir par ne plus pouvoir t’en passer? C’est ce qui s’est passé entre l’intelligence artificielle et moi! Je la considère comme un domaine qu’on peut explorer à l’infini », confie simplement Adriana, 30 ans, qui baigne dans la recherche depuis 2009 et dont le CV parle pour elle.

C’est à l’Université de Barcelone, en mathématiques appliquées, que tout a commencé lorsqu’elle s’est lancée dans un travail dirigé intitulé « Sistema de reconeixement de cares basat en múltiples vistes », en collaboration avec un étudiant au doctorat qui s’intéressait, comme elle, au domaine de la vision par ordinateur. « Le but de notre recherche consistait à mettre en place un système de reconnaissance de la peau sur les images traitées par les ordinateurs », explique l’étudiante qui se souvient avoir lu et relu de nombreux articles écrits (entre autres) par celui qui est devenu son directeur de recherche, Yoshua Bengio.

Yoshua Bengio assis devant un tableau de calculs

« Au début, c’était intimidant de me retrouver face à cette personne qui, par ses recherches, a permis de faire évoluer ma pensée. Aujourd’hui, j’ai la chance de pouvoir travailler avec lui, c’est un professeur accessible et très à l’écoute », raconte Adriana qui profite de son statut pour redonner à la communauté.

« Il m’arrive d’aller donner des cours de maîtrise interuniversitaire à Barcelone. J’aime l’idée de retourner là-bas et de partager avec mes collègues espagnols ce que j’apprends ici, c’est un juste retour des choses. »

Quand on lui demande ce qu’il y a de particulier à travailler au MILA, sa réponse ne se fait pas attendre : « Ici, il y a quelque chose de très spécial dans l’ambiance de travail qui fait accélérer tes recherches à pas de géant! Il faut y être pour comprendre à quel point c’est enrichissant de pouvoir confronter ses points de vue avec différents chercheurs, en toute simplicité. Les idées bougent vite! », confie l’érudite qui concentre maintenant ses recherches sur l’approche de l’apprentissage profond (deep learning) dans le biomédical. « C’est une conception assez récente de l’intelligence profonde qu’on applique à des supports très variés comme les images histologiques, les données génomiques ou transcriptomiques, etc. Au MILA, mon groupe de recherche est le premier à travailler spécifiquement sur ce sujet. »

Concrètement, Adriana travaille pour qu’à l’avenir, un ordinateur puisse analyser beaucoup plus de données médicales qu’à l’heure actuelle en fonction, par exemple, de données génomiques.

« À terme, les machines pourront traiter ces données, mais surtout donner des conseils au médecin et avoir un impact réel, voire vital sur la vie des gens. Il est important de comprendre que c’est l’humain qui restera décisionnaire, quoi qu’il arrive », explique la disciple de Bengio avant de rappeler que les questions éthiques sont évidemment cruciales dans son domaine de recherche. « Il y a beaucoup de fantasmes liés aux dangers de l’intelligence artificielle, mais je pense qu’il faut considérer les réponses récoltées par les ordinateurs comme des probabilités. L’intelligence artificielle est une aide ou une assistance pour les professionnels. »

Si elle ne sait pas encore combien de temps elle passera au Canada, elle sait en revanche que Montréal ouvre de nombreuses perspectives professionnelles en matière d’intelligence artificielle. « Il y a beaucoup d’entreprises en démarrage et de multinationales qui s’implantent, Montréal est un carrefour technologique important dans le monde. »

À celles et ceux qui souhaitent faire carrière dans l’intelligence artificielle, Adriana conseille d’avoir des bases solides en mathématiques et en programmation. « Être bilingue est aussi un atout indéniable! De nombreux articles sont publiés en anglais quand bien même les cours sont donnés en français à l’Université de Montréal », affirme celle qui a suivi ses études préuniversitaires au Lycée français de Barcelone. Tous les chemins mènent à Montréal…

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À propos de l'auteur
Daisy Le Corre

Daisy est journaliste et chargée de projet au Service de l'admission et du recrutement. Amoureuse des mots et de la vie des gens, elle a toujours des idées plein la tête! Indiscrétion : elle voue un culte infini à Catulle Mendès, l'auteur qui lui permet d'étudier l'androgynie dans les oeuvres décadentes du 19e siècle. Raison pour laquelle elle poursuit sa recherche en littératures à l’UdeM…

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