Bien-être | Astuces

12 mars 2020: Les médias sociaux partent en vrille. Je me rappelle avoir vu mon Facebook exploser de publications sur le coronavirus. Je ne me souviens pas d’un événement dans ma vie qui a généré autant de bruit. Trois semaines plus tard, me voilà de retour chez mes parents, en quarantaine depuis lors. Et je ne m’attendais pas à ce que cela devienne un si gros défi.

Au chaud et douillet… jusqu’à quand?

14 mars 2020: Je fais mes sacs pour retourner chez mes parents. La veille, l’UdeM annonçait la suspension des cours. Le lendemain, mon frère rentrerait de la Pologne, où il était allé étudier. Nous serions enfin les quatre ensemble.

Au début, je me sens comme au chalet. Pas de tempête dehors, mais du silence. Une fois le point de presse du trio légendaire terminé, la tranquillité règne, souveraine. Et puis, qui dit « cours suspendus » dit « on se la coule douce! » Mieux, « on fait du rattrapage » : dormir, passer du temps avec ma famille, appeler mes cousins en Europe, m’offrir l’« apéro-vidéo » avec une amie, reprendre la musique… Ces premiers jours m’ont fait tant de bien!

Peu à peu, la COVID-19 s’expliquait et l’UdeM annonçait la reprise des cours en ligne. Pendant ce temps, j’étais au lit avec celle qu’on connaît tous un peu trop, dont on ne veut rien savoir, mais avec qui on s’amuse jusqu’à le regretter le lendemain… La procrastination, bien sûr! Je me rends compte aujourd’hui du coût de cet arrêt soudain des études : un sens de la direction défaillant. Bien que je ne regrette pas le début de ma quarantaine, j’ai vite perdu le cap que je gardais sur mes projets.

Que faire donc lorsque le quotidien ne vous contraint pas? La réponse s’était déjà manifestée : il me fallait réintroduire des rituels dans chacune de mes journées.

Ma matinée parfaite : gruau, thé à portée de main et balado Les Cons de Confucius (auquel participe mon ami et collègue ambassadeur de l’UdeM Louis-Frédérik)!

Reprendre le dessus, une bonne habitude à la fois

Le but n’est pas de systématiser chaque minute, mais d’avoir minimalement des « pôles » autour desquels construire votre journée. Comme ça, vous avez seulement des blocs d’heures à remplir, et non une journée entière à planifier. Les « pôles » sont vraiment des rocs sur lesquels je peux m’appuyer dans tout ce tourbillon. Vous remarquerez que j’ai inclus du loisir dans mes rituels : réveil à 8h (j’y suis presque!), point de presse à 13h, pause Animal Crossing à 15h, entraînement à 16h et prière en famille à 20h.

Une routine ne doit pas être une prison ni quelque chose qui vous déplaît. Surtout en ces temps-ci, vous la créez exactement comme vous la voulez; vous la visualisez d’avance, comme l’aurait fait Marc Aurèle. Chaque matin, je me dis : Et si je pouvais avoir la journée parfaite aujourd’hui, comment la voudrais-je? Sinon, imaginez-la comme une gaufre géante que vous devez garnir : aujourd’hui, ça vous dit de la manger comment?

Depuis quelques semaines, deux de mes cours ont repris à distance. Pour les deux autres, je suis autodidacte. En littérature (mon domaine d’études), il faut beaucoup de concentration. Ayant fixé des activités dans l’après-midi, j’attaque les rédactions le matin, car elles demandent plus de jus créatif. Puis, je passe plus tard à la lecture et aux résumés.

Quelques conseils en rafale : 

  • Éliminez vos distractions au maximum : désactivez vos notifications et mettez votre téléphone dans une autre pièce.
  • Rangez votre espace de travail si vous estimez qu’il est désordonné.
  • Planifiez chaque jour au moins un moment de loisir : vous le méritez quand même!
  • Si vous avez de la difficulté à vous mettre au travail, je vous conseille vivement la musique de Dennis Kuo, compositeur et créateur du Study Music Project (il est aussi sur Spotify et autres applications!).

En prime, voici 5 livres à découvrir pendant cette quarantaine :

  1. Pensées pour moi-même, de Marc Aurèle : c’est un de mes héros philosophiques. J’ai développé tant de respect pour cette figure de l’histoire. En situation de confinement, les pensées de cet empereur sauront vous stimuler.
  2. Bienvenue au pays de la vie ordinaire, de Mathieu Bélisle : ma dernière lecture. C’est un essai à la fois audacieux et profond sur la société et la culture du Québec au XXIe siècle. Ce n’est pas tout à fait une lecture légère, mais elle est certainement unique en son genre.
  3. Lettres à un jeune poète, de Rainer Maria Rilke : j’arrive aux livres que je chéris particulièrement. Cette correspondance sur l’art et l’écriture entre deux poètes de la fin du XIXe siècle est d’une beauté rare. Tant la relation entre le maître et le jeune poète que la richesse du texte ne peuvent vous laisser indifférents.
  4. La promesse de l’aube, de Romain Gary : assurément mon héros littéraire. Ce roman autobiographique vous fera voyager de la Pologne à la France et aux États-Unis, en passant par la Grande-Bretagne et l’Algérie. C’est aussi et surtout le récit d’une relation inébranlable et terriblement émouvante entre mère et fils.
  5. La peste, d’Albert Camus : un classique du XXe siècle qui met en scène différentes réactions à une épidémie de peste, mais aussi l’absurdité et la tragédie qui les unit toutes.

Vous avez aimé cet article et aimeriez en savoir plus sur la littérature comparée?

La littérature comparée, c’est cet incroyable carrefour entre études littéraires, philosophie et langues. Mettant en relation les littératures québécoise et occidentales avec celles de l’Asie, de l’Amérique latine, des Caraïbes ou encore de l’Afrique, la discipline cherche à comprendre la littérature comme un universel humain et à la mettre en lien avec d’autres formes d’art, comme le cinéma ou la peinture. Vous serez appelés à étudier au moins l’une des treize langues proposées par le Centre de langues de l’UdeM (une condition d’accès aux études supérieures)! Pour ma part, j’envisage actuellement de continuer jusqu’au doctorat pour enseigner un jour.

Baccalauréat en littérature comparée

À propos de l'auteur(e)
Riccardo Chmielowiec

En plus d’être un cuistot réputé, Riccardo est étudiant au baccalauréat en littérature comparée. Ayant un amour sans bornes pour les livres et les langues, il s’épanouit dans ce programme multidisciplinaire et prépare actuellement son échange étudiant en Italie. S’il n’a pas le nez dans un bouquin, il est à la salle d’entraînement, en train de courir dehors ou concentré sur sa pratique de harpe.

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