Littérature | cycles supérieurs

Sortie de l’UdeM en 2011 avec un baccalauréat en études anglaises et littérature comparée et une maîtrise en littérature comparée, Annabelle Moreau s’est établie à son compte pour travailler en tant que journaliste, recherchiste et réviseure, entre autres. Depuis janvier 2017, elle est rédactrice en chef de la revue littéraire Lettres québécoises, dirigée jusque-là par André Vanasse. Rencontre avec une « curieuse à plein temps et rêveuse à temps perdu ».

D’où viens-tu et quelles études as-tu suivies?

Je suis née à Montréal, j’ai commencé à étudier au Cégep Édouard-Montpetit en Arts, lettres et communication, option cinéma, et j’ai choisi de venir à l’Université de Montréal pour suivre un baccalauréat en études anglaises et littérature comparée. J’y suis restée jusqu’à l’obtention de ma maîtrise! 

D’où te vient cet amour pour la littérature?

J’ai toujours su que je voulais faire de la littérature, j’avais l’impression que c’était la base de tout, un peu comme la philosophie ou l’histoire. En littérature, on apprend à décortiquer des textes mais aussi à décrypter les informations qu’on reçoit. C’est d’autant plus utile à l’ère d’Internet où l’on a parfois du mal à distinguer le faux du vrai. J’ai toujours pensé que la littérature me permettrait de tout faire en m’apportant une solide culture générale.

Avec le recul, crois-tu avoir eu raison de penser que la littérature te permettrait de « tout faire »?

J’ai été très chanceuse, mais disons que j’ai su mettre toutes les chances de mon côté dès le départ. Lorsqu’on étudie en littérature, on acquiert beaucoup de connaissances, mais on doit aussi veiller à développer par soi-même des savoir-faire connexes, des «compétences», à se forger un réseau, à assister à divers événements, à oser frapper aux bonnes portes, etc. Il faut être proactif et profiter de ce qu’une université comme l’UdeM met à notre disposition. C’est exactement ce que j’ai fait en m’impliquant dans la vie étudiante, au journal étudiant Quartier Libre notamment.

Qu’est-ce que l’UdeM a apporté à ta vie professionnelle?

Des connaissances littéraires et théoriques qui me servent encore aujourd’hui, mais elle m’a surtout permis de faire des rencontres déterminantes. C’est grâce à un ancien collègue du Quartier Libre que l’on m’a proposé le poste de rédactrice en chef de Lettres québécoises. Le réseau universitaire est plus puissant qu’on le croit!

Quels conseils donnerais-tu à celles et ceux qui se destinent aux études littéraires?

N’attendez surtout pas d’avoir fini votre formation pour travailler dans le milieu qui vous plaît! J’ai suivi ma maîtrise en quatre ans à temps partiel parce que je travaillais à temps plein à côté. À 28 ans, lorsque j’ai obtenu mon diplôme, j’avais donc déjà cinq ans d’expérience professionnelle. À l’heure actuelle, il faut être très multidisciplinaire pour rester dans la course. Renseignez-vous aussi pour partir étudier à l’étranger ou bien « échangez » vos cours contre ceux d’autres départements/facultés du Québec, c’est enrichissant. Enfin, n’écoutez pas les gens qui disent que « vous n’êtes pas capables ». Laissez-les parler. Je ne compte plus le nombre de fois où on m’a dit : « Ne fais pas de journalisme indépendant en culture, tu vas te planter! »

Que pensais-tu faire et ne pas faire après tes études?

Je pensais devenir éditrice, avant de me rendre compte que ce n’était pas fait pour moi… Je trouvais le travail trop monotone, j’avais besoin de mouvement et de travailler sur plusieurs projets en même temps pour m’épanouir. Ce qui est sûr, c’est que je n’aurais jamais imaginé être travailleuse autonome! Personne ne m’avait parlé de ce statut. Je ne pensais pas non plus passer autant de temps derrière un écran ou sur le Web! À l’époque où j’ai commencé à l’UdeM, en 2004, Facebook, Twitter ou Instagram n’existaient pas encore… Qui aurait parié que j’allais être journaliste Web et gestionnaire de communautés pour Châtelaine quelques années plus tard?

Est-ce que ta situation actuelle correspond à tes attentes?

Totalement. Je suis une travailleuse autonome dans l’âme. J’ai même suivi une formation au SAJE pour apprendre à travailler en toute indépendance. C’était une aubaine d’autant que j’ai reçu une belle aide financière pour me lancer (NDLR : 20 000 $)! Cela fait maintenant six ans que je suis à mon compte, j’alterne plusieurs contrats et mandats toute l’année et ça convient parfaitement à mon tempérament.

Comment ton statut est-il perçu par les recruteurs?

Je suis prise très au sérieux! On me prend pour ce que je suis : une travailleuse autonome qui met ses compétences au service d’un projet à un moment donné. J’apporte une expertise que le média ou l’organisme ne possède pas en interne. Le fait d’être à son compte depuis un certain temps a aussi de la valeur. Mon conseil aux jeunes diplômés : faites-vous connaître et entretenez votre réseau pour que les contrats se multiplient. Quand t’es curieux, quand tu travailles, tu peux y arriver! 

De quoi es-tu particulièrement fière aujourd’hui?

De réussir à vivre en tant que travailleuse indépendante, de ne pas subir mon travail mais de le créer quotidiennement. Je suis fière d’avoir réussi à travailler dans le milieu de la littérature et de la culture. Je fais ce que j’aime, c’est le luxe suprême! Évidemment, je suis aussi très fière de succéder à André Vanasse, moi une femme de 40 ans sa cadette, pour reprendre le flambeau de Lettres québécoises.

Pour aller plus loin, découvrez les profils des professeurs de l’UdeM qu’Annabelle a particulièrement aimés : Robert SchwartzwaldEric SavoyGail Scott (professeure invitée) et Amaryll Chanady.

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À propos de l'auteur
Daisy Le Corre

Daisy est journaliste et chargée de projet au Service de l'admission et du recrutement. Amoureuse des mots et de la vie des gens, elle a toujours des idées plein la tête! Indiscrétion : elle voue un culte infini à Catulle Mendès, l'auteur qui lui permet d'étudier l'androgynie dans les oeuvres décadentes du 19e siècle. Raison pour laquelle elle poursuit sa recherche en littératures à l’UdeM…

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